L’ensemble des vingt photographies présentées ici est le premier
volet d’un travail sur les bateaux reliant les îles de
Méditerranée.
Il s’agit de petits voyages : celui, entre Corse et Sardaigne,
dure moins d’une heure.
Pendant ces courtes traversées, les gens n’ont pas le temps
suffisant pour s’isoler dans l’espace privé d’une cabine, mais sont
« condamnés » à une errance sur le pont d’un navire.
Sorte de purgatoire, de passage entre deux lieux, où chacun des
acteurs réunis sur cette plate-forme n’a d’autre choix que d’être
confronté au regard des autres.
Ces mises en scène involontaires ont provoqué le regard de
l’auteur.
Car il ne s’agit nullement là de photographies faites à l’occasion
d’un voyage, mais de voyages, deux en tout, faits pour réaliser ses
images.
L’auteur a su attendre, se positionner, observer ces moments où, pour fuir cette proximité, tous se placent dans un ailleurs, souvent regardant vers l’horizon, comme atteints d’une sorte de « mal de terre ».