« L’espace est
un doute : il me faut sans cesse le marquer, le désigner, il n’est
jamais à moi, il ne m’est jamais donné, il faut que j’en fasse la
conquête. »
Georges Perec,Espèces
d’espaces, 1974.
Inscrit dans la continuité de sa démarche basée sur la notion de
« documentaire poétique », Jean-André Bertozzi présente,
ici, trois triptyques issus d’un séjour en Syrie, à Damas.
Ce travail vise à comprendre, prendre avec soi, un territoire. Cela
implique d’en donner une image qui relève de la plus pure
subjectivité, aucune vision ne voulant dénoncer, prendre parti, ou
même montrer avec la rigueur d’un géomètre. Non, il s’agit de
partir à la rencontre de cette banalité du quotidien dans laquelle
se trouve, selon André Breton, le ressort poétique ; de saisir,
comme l’écrit Albert Camus, l’opportunité d’un geste dans le
paysage, bref de devenir un géomètre de hasard.
La forme du retable s’est imposée à l’auteur comme pour mettre en
lumière la dimension sacrée, liée à l’histoire millénaire de cette
ville, et la dimension initiatique qu’a présentée ce voyage chez
lui. Deux retables
qui ne retracent pas l’histoire d’un saint ou d’un prophète mais
celle d’un homme parti trouver cette poésie avec laquelle l’homme
construit sa maison.